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Le RSMAR met cap au sud
Parti hier en fin de journée pour les bases du
grand Sud, le "Marion-Dufresne" avait à
son bord son lot habituel de scientifiques. Mais il
emmenait aussi huit jeunes militaires du RSMAR partis
pour une mission de quatre mois sur les bases de Crozet
et des îles Kerguelen. Il doivent y construire
de nouveaux bâtiments, mais nul doute qu'ils reviendron |
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Transformés par cette expérience
Dire qu'il suffit parfois qu'il y ait un navire... L'ambiance
n'était certes pas si tragique que dans la chanson
de Piaf, hier sur les quais du port Est, mais il y avait
beaucoup d'émotion à l'approche de l'appareillage
du Marion-Dufresne pour le grand Sud. En même temps
que les cinquante scientifiques embarquant pour travailler
dans les bases de Crozet et des îles Kerguelen et
Amsterdam, le navire des Taaf devait aussi emporter à
son bord huit jeunes militaires du RSMAR (régiment
du service militaire adapté de la Réunion)
pour une mission de quatre mois.
Vêtus de leur treillis, les huit jeunes volontaires
semblaient un peu inquiets avant leur départ pour
une destination totalement inconnue, de même que leurs
parents venus donner un dernier au-revoir avant que les
amarres ne soient larguées.
Pour la plupart d'entre eux c'est une expérience
totalement nouvelle qui allait débuter. "Ces
jeunes sont tous volontaires pour cette mission de quatre
mois qui comprendra la réalisation de nouveaux bâtiments,
mais aussi des travaux de second oeuvre dans les bases de
Crozet et des îles Kerguelen ", explique le colonel
Nicolas Graff, chef de corps du 4e RSMAR, venu encourager
les jeunes recrues avant leur départ.
Les
huit jeunes volontaires du RSMAR vont travailler pendant
quatre mois dans les bases de Crozet et des Kerguelen.
Le colonel Graff a remis à chacun et avec un
peu d'avance son cadeau de Noël. |
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Le parfum de l'aventure
Maçons, plombiers ou plaquistes, tous ont
suivi le cursus de formation dans le métier qu'ils
ont choisi, avant d'entamer les stages en chantier d'application
ou en entreprise. Avec cette mission lointaine, c'est
une expérience totalement inédite que
vont vivre les huit jeunes militaires un peu partagés
à l'approche du départ entre l'envie de
découverte et l'appréhension de quitter
l'île à bord d'un navire pour une lointaine
traversée. "Ce qui m'a décidé
à me porter volontaire, c'est l'envie de découvrir
des îles où je ne suis jamais allé,
le goût de l'aventure", confie Alexandre
Thoraval.
Avec ses camarades, Sylvain Técher, Idriss Lebon,
Emmanuel Devaux, Jean-Alain Mussard, Grégory
Boyer, Daniel Legros et Robert Fontaine, le jeune militaire
devra se plier à une vie forcément très
différente de ce qu'ils ont connu jusqu'ici.
"Ce n'est pas la Terre Adélie, à
cette époque de l'année la température
varie entre 0 et 15 degrés, mais il y a la pluie
et le vent est souvent très violent. Il faut
s'habituer à une vie recluse sur un petit espace.
Dans une base il n'y a pas tellement d'intimité
et il faut apprendre à se supporter" explique
Thierry Perillo, directeur de cabinet de l'administrateur
supérieur des Taaf. |
Cinq kilomètres de routes en 1995
Autre difficulté : l'isolement que les moyens modernes
de communication ne peuvent totalement gommer. Le téléphone
par satellite coûte cher et le fax reste le seul lien
avec la famille. "Il y a des gars qui préfèrent
ne rien savoir, car, de toutes façons, ils ne pourraient
rien faire", précise le responsable des Taaf.
Les jeunes militaires ne seront pas totalement en pays inconnu,
puisque les Réunionnais sont nombreux à travailler
dans les bases, souligne Thierry Perillo. "Les plus
anciens, ceux qui tiennent le mieux le coup ce sont tous
des Réunionnais", précise-t-il.
Ce n'est pas la première fois qu'une telle expérience
est tentée, puisque le RSMAR a déjà
envoyé des jeunes en mission aux Kerguelen en 95.
L'équipe avait alors réalisé cinq kilomètres
de routes, celles-ci constituant le seul réseau routier
existant aux Kerguelen.
"Nous avons aussi effectué des missions à
Madagascar dans le cadre de la coopération inter-îles"
souligne le colonel Graff. Pour lui, de telles expériences
sont très enrichissantes pour les jeunes volontaires,
tant sur le plan humain que professionnel.
Pour la première fois, les jeunes passeront les fêtes
de Noël loin de chez eux et avant leur départ,
le colonel Graff a un peu anticipé en offrant à
chacun le cadeau qu'il ne faudra ouvrir que le soir du 24
décembre.
Mais d'ici là, nos huit gars du bâtiment seront
sans doute déjà rodés à la rude
vie du grand Sud et, lors de leur retour en avril, ils auront
beaucoup de choses à dire sur ce chantier peu ordinaire.
Thierry BARRA (Quotidien de la Réunion
/ décembre 2002).
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